mardi 24 janvier 2012

Think Different, qu'il disait...

Dans les années 80 posséder un produit Apple c'est cool, c'est rare, ça fait donc de vous un anticonformiste...

En 2012, ne pas avoir d'Apple c'est peut être pas aussi cool mais au moins c'est rare et manifestement anticonformiste...(et ça coûte moins cher).

mercredi 18 janvier 2012

[Chronique] Commix - Dusted LP

J'ai décidé de me faire plaisir, et après avoir parlé jeux vidéo hier, je lance une rubrique "musique" avec cette chronique du nouvel album du duo drum'n'bass Commix à venir sur le légendaire label de sieur Goldie, Metalheadz.

Forts de nombreuses sorties remarquables sur des labels tels que Hospital, Creative Source, Subtitles, et donc Metalheadz, Commix revient aux fondamentaux avec Dusted. Il s'agit en fait d'une compilation de morceaux produits entre 2003 et 2008, jamais édités et donc dépoussiérés pour l'occasion, d'où le nom de l'album.

Ici pas de pistes vocales ni de morceaux breakbeats et house comme ce fut le cas dans leur premier opus Call To Mind, acclamé par la critique lors de sa sortie en 2008. On y trouve uniquement de la drum'n'bass à la sauce Commix, avec au menu les longues lignes de basses filtrées, les ambiances aériennes et les rythmiques épurées caractéristiques du duo.

L'album démarre idéalement par le magnifique Audience, avec ses longues nappes qui ne sont pas sans rappeler certains productions de Photek période Modus Operandi, sa basse caverneuse et l'utilisation ingénieuse d'un amen break. Sublime.
La tension retombe directement avec Autumn Rides et son ambiance feutrée inspirée par les productions d'Hidden Agenda sur...Metalheadz. Un morceau sympathique mais pas inoubliable.
On poursuit sur le très bon Envious avec son intro accrocheuse et son break galopant qui mènent à un drop appuyé à base de grosses subs et de reeces bien dark, dans la plus pure tradition Metalheadz.
Time Has Come constitue pour moi le climax de cet album. Si vous êtes fan de Calibre vous adorerez ce morceau, tout en délicatesse. La puissance tranquille. Une approche sensuelle que l'on retrouve sur Change On Me, dans un style un peu plus épuré.
La puiste suivante, Untitled Sept 06, est tout ce qui a de plus classique chez Commix, sans surprise, solide et efficace, tout comme I Have You et Tracking You qui suivent derrière.
EXP01 est une ode à la drum'n'bass des années 90, tendance hardstep, avec un combo break / basse d'une redoutable efficacité. Il s'agit là du morceau qui ressort le plus de l'hétérogénéité de l'album.
Golden me rappelle l'excellent If I Should Fall du même duo (2005). Que dire de plus ?
MSFB est un vrai morceau d'album, plus calibré pour l'écoute domestique que pour les dancefloors. C'est beau, c'est classe.
Everything ferme la marche et accompagne MSFB dans cette détente vers laquelle Commix nous conduit pour conclure cet album.


Commix - Dusted LP by Metalheadz

Que retenir de ce Dusted ?  Il n'est en aucun cas une surprise, ne prend aucun risque et se cantonne à proposer une drum'n'bass très classique mais d'une qualité exceptionnelle, et ça, ça fait plaisir. Le genre d'album à conseiller à ceux qui veulent découvrir ou redécouvrir ce courant musical.  8/10


Sortie le 5 mars prochain en CD/EP/Digital

mardi 17 janvier 2012

Retour sur un phénomène : Skyrim

Je n'ai pas l'habitude de parler jeux vidéo (il s'agit d'ailleurs de mon premier article sur ce thème), mais il est un jeu qui mérite de s'attarder dessus, tellement celui-ci propose une expérience ludique poussée à l'extrême. Ce jeu est Skyrim, cinquième volet de la série The Elder Scrolls, référence en matière de RPG (role playing game).

Sortit début novembre 2011, période qui voit traditionnellement débouler les blockbusters en série, Skyrim a fait un véritable carton en terme de ventes malgré la sortie sur le marché d'ogres tels que Modern Warfare 3, Assassin's Creed Revelation ou encore Battlefield 3. En effet, le jeu s'était déjà écoulé à plus de 10 millions d'exemplaires seulement un mois après sa sortie. Au delà des chiffres, c'est sur le plan de la critique que le jeu a raflé la mise, avec des notes tutoyant la perfection vidéoludique.


Car c'est bien de quasi perfection qu'il s'agit avec Skyrim. Un scénario immersif qui vous plonge dans la peau d'un héros en mission contre le retour des dragons, évoluant dans la contrée nordique de Bordeciel, immense et d'une grande richesse. Une bande-son épique de toute beauté (prononcez booowté) qui ne manquera pas de vous faire tirer l'épée à la vue d'un troll des glaces, tel Gandalf affrontant le Balrog ("vous ne passerez pas !"). Une durée de vie hallucinante et potentiellement dangereuse pour votre vie sociale. Quelques petits défauts viennent très légèrement noircir ce beau tableau cependant. En effet, si la réalisation esthétique du jeu est un sans faute, le chef d'oeuvre de Bethesda souffre parfois sur le plan technique, en atteste les textures fades et grossières de certains décors naturels ou encore l'aliasing assez prononcé (du moins sur la version console). Un Elder Scroll sans bug ne serait pas un bon ES, Skyrim ne déroge pas à la règle, bien que des efforts aient été faits depuis Oblivion, l'avant-dernier volet de la série sortit en 2006.

Succès commercial, succès critique, Skyrim fait partie de ces jeux tels qu'on en voit tous les dix ans. De mémoire, le dernier jeu à m'avoir autant captivé fut Diablo 2, jeu de rôle sortit il y a dix ans et dont la suite doit voir le jour dans les mois à venir. Diablo 3 peut bien attendre un peu (encore longtemps), je n'ai pas terminé le quart des quêtes proposées par Skyrim.

vendredi 13 janvier 2012

Listen with par Facebook...

..., ou comment écouter la même chanson au même moment avec vos amis sans être avec eux.

La nouvelle fonctionnalité de Facebook se présente sous la forme d'un bouton intégré au chat : 
Comme vous pouvez le constater sur l'image ci-dessus, une nouvelle icône (la note de musique) apparaît à côté de l'indicateur de présence sur le chat (le point vert), et renseigne, si l'on clique sur le nom d'un contact sur lequel apparaît cette icône, ce que celui-ci écoute en temps réel (ici Josh Wiseman) via la fenêtre sur la gauche. Il nous est alors possible, en cliquant sur le bouton "Listen With...", d'écouter ce même morceau. Facebook ne précise pas la liste des services de musique qui seront intégrés, mais Spotify et Rdio seront bien évidemment de la partie. Ainsi, les utilisateurs pourront faire partager leurs listes de lecture via ces sites en streaming, et pourquoi pas s'improviser "dj" à distance.

On pourra également commenter la musique partagée via une fenêtre dans laquelle pourront se joindre tous ceux qui l'écoutent : 



Facebook n'a pas indiqué de date précise de lancement, mais selon le blog officiel, "Listen With" devrait débarquer d'ici les prochaines semaines.

mercredi 11 janvier 2012

Google s'affine avec "Plus Your World"

"Search, Plus Your World", c'est le nom de la dernière fonctionnalité en date lancée par Google. Le but est d'affiner vos résultats de recherche en incluant les contenus de vos amis (et donc de favoriser davantage Google +). Explications.



C'est via un petit interrupteur en forme de personnage (cf. image ci-dessus) situé à droite des résultats que l'on pourra "switcher" vers des contenus personnels (photos, statuts et commentaires de vos profils amis), plus significatifs selon Google "que le contenu impersonnel du web".
A cela s'ajoute la possibilité - appelée "Profiles in Search" - de vous rendre directement à partir du moteur de recherche sur la page d'une personne présente sur Google + en renseignant les premières lettres de son nom sans avoir à y inscrire le "+" au début de la saisie.
Autre fonctionnalité, nommée "People and Pages", qui permet d'obtenir directement le profil d'une personnalité ou d'une marque connectée à Google +. Les résultats apparaissent sur une colonne à droite du champ de résultats classique de Google, sous la forme d'un module spécifique à son réseau social, ce qui le démarque du reste des recherches et évite d'avoir à trier entre la page Facebook et le site officiel de la marque ou de l'artiste. C'est avec ce genre de raccourcis transitant via le moteur de recherche que le géant espère améliorer l'utilisation - et le nombre d'utilisateurs - de Google +.

Il faut savoir également que ces fonctions ne sont pour le moment disponible que sur la version US de Google.

Les nouvelles fonctionnalités expliquées en vidéo :



Si Facebook est incontournable, force est de constater que Google, avec toutes ses ramifications et ses produits interconnectés, a les moyens d'imposer son réseau social, et l'augmentation du nombre de connectés à Google + ne saurait contredire ce potentiel. 

mardi 10 janvier 2012

[News] Spotify va restreindre l'écoute gratuite et illimitée aux USA

La phase de lancement de Spotify aux Etats-Unis touchant bientôt à sa fin, les américains ne pourront désormais plus profiter gratuitement et sans limite des services de la plateforme d'écoute de musique en streaming.

Lancé le 14 juillet 2011 aux Etats-Unis, Spotify applique là les mêmes restrictions que celles déjà en vigueur en Europe, à savoir une limitation à 10 heures d'écoute mensuelle et à 5 lectures d'un même titre par mois pour les utilisateurs n'ayant pas souscrit aux abonnements payants.

L'abonnement est proposé sous la forme de deux offres à 4,99 et 9,99 dollars par mois.

mardi 3 janvier 2012

L'Hadopi commence bien l'année...

Depuis le 23 décembre de l'année dernière (et oui), l'Hadopi n'a plus d'existence légale et ne peut donc plus exercer son autorité dans le cadre de sa mission visant à protéger les droits et les oeuvres sur Internet.

 Pourquoi donc ? Car trois des neufs membres du collège désigné par le décret du 23 décembre 2009 ont vu leur mandat se terminer, comme prévu, au bout de deux ans, les autres bénéficiant de mandats de quatre voire six ans. Et là où ça coince, c'est que les trois départs n'ont toujours pas été remplacés. Situation bien étrange quand on évoque le discours de Nicolas Sarkozy en novembre dernier, saluant l'efficacité des dispositifs de lutte contre le piratage et la crédibilité de l'Hadopi. Le gouvernement, à quelques mois des échéances électorales, aurait-il envisagé d'enterrer momentanément l'Hadopi dans le but de séduire davantage d'électeurs ?



lundi 2 janvier 2012

[News] Google toujours en tête en 2011



Avec 153 441 000 de visiteurs par mois, Google sort de l'année 2011 en tête des "marques" internet, devant Facebook (137,644 millions) et Yahoo (130,121 millions). Ces chiffres, avancés par le sérieux cabinet d'étude Nielsen, montrent également que Facebook reste le leader incontesté des social networks, loin devant Blogger (45, 712 millions) et Twitter, bien distancé avec un peu plus de 23 millions de visites, mais toujours mieux classé que Google + (8,207 millions).

2012


The Flow vous souhaite une bonne année à tous !

mercredi 28 décembre 2011

La tablette tactile à un euro par jour est-elle utile pour les étudiants ?

En conséquence de la convention numérique de l'UMP organisée en juin dernier, certaines des 45 propositions visant à renforcer l'attrait du numérique en France ont dorénavant été testées sur le terrain, comme on a pu le voir avec l'opération "une tablette tactile par jour" destinée aux étudiants.

Ce dispositif doit pouvoir permettre aux étudiants d'avoir à la fois un appareil multimédia et un accès à Internet à "moindre frais" (1 euro par jour ça fait tout de même 30 euros par mois...). Le but est de démocratiser l'accès à tous aux technologies numériques. Cette mesure du gouvernement concerne trois tablettes tactiles au choix : l'iPad 2 d'Apple, le Galaxy Tab de Samsung et le 80 G9 du constructeur français Archos, qui a été intégré plus tardivement à l'offre après avoir communiqué son mécontentement auprès du gouvernement pour avoir "oublié" de l'intégrer à ce panel de tablettes. En ce qui concerne le F.A.I, c'est Orange qui s'y colle et propose aux étudiants désireux de souscrire à l'opération une connexion 3G comprenant un volume de données d'un giga par mois.




Je ne doute pas que cette opération puisse faciliter l'accès aux technologies de l'Internet pour un bon nombre d'étudiants.
Toutefois je doute grandement de l'utilité d'une tablette dans le parcours d'un étudiant, et je ne pense pas que ce soit l'outil le plus pratique qui soit pour accompagner celui-ci au quotidien (amphis, BU, cafétérias, etc). Car si la tablette offre de nombreux avantages en terme d'encombrement, de navigation et d'ergonomie, elle reste un support multimédia pour le moment orienté "divertissement" et est utile tout au plus pour lire ses mails.
Quand il s'agit de faire du traitement de texte lourd (du type mémoire) ou encore de prendre ses notes sur ordinateur pendant les cours, un netbook ou un pc portable semblent à mon avis bien mieux indiqués.
Bien évidemment je n'imagine pas que la tablette doit se substituer au pc portable, et le propos du gouvernement n'est pas de faire de celle-ci l'outil de travail principal de l'étudiant.
 Mais en additionnant celle-ci au pc plus le téléphone, ou plutôt le smartphone (40 % des 15-24 ans en possède un selon Médiamétrie), j'ai du mal à imaginer l'intérêt et l'utilité d'adhérer à ce dispositif, d'autant plus qu'elle implique un abonnement supplémentaire à celui du téléphone, et que celui-ci, quand il s'agit d'un smartphone, permet bien souvent d'avoir accès à Internet et à des fonctionnalités similaires à celles de la tablette (écran tactile, navigation, applications, etc).

mardi 20 décembre 2011

MegaUpload vs Universal Music : Le dessous des coulisses



Dans le conflit qui oppose la major du disque au site de partages de fichiers, il y a un élément qui m'a particulièrement interpellé et qui concerne le retrait du clip de promotion de MegaUpload sur Youtube, exigé par Universal Music, considérant que celui-ci enfreignait le respect des droits d'auteurs.

Ce MegaUpload Song, objet de la controverse (et, soit dit en passant, chanson ô combien pourrie), présente le service de manière positive et peut compter sur le soutien de nombreuses stars de l'entertainement américain qui apparaissent successivement en musique tout au long du clip.

Cette campagne a, semble-t-il, chatouillé la susceptibilité des majors - mais aussi les lobbys du secteur cinématographique-, alors qu'elles intensifient depuis quelques semaines leur lutte contre les sites de streaming et de direct download, accusés de tirer profit en exploitant par le piratage leurs catalogues d'oeuvres.

En réaction, Universal a demandé - et obtenu - le retrait de la vidéo sur différentes plateformes vidéos, dont Youtube, justifiant l'acte en prétextant que certains des artistes sous contrats apparaissaient contre leur gré dans la vidéo promotionnelle, ce qui selon la major constituerait une infraction au copyright...

La réplique de Megaupload ne s'est pas faite attendre puisque l'entreprise basée à Hong Kong a porté plainte devant la justice américaine et dénoncé le retrait abusif de la vidéo. Elle affirme avoir négocié des accords avec les artistes concernés, et s'interroge également sur le rôle de Youtube dans l'affaire. En effet, au regard de la juridiction du Digital Millenium Copyright Act, ce cas précis ne doit pas entraîner un retrait de contenu, car il ne concerne pas une oeuvre protégée. En réalité, ce retrait est le résultat d'accords passés entre Youtube et Universal Music afin que ce dernier puisse agir sans passer par la case juridique, ce qui constitue une grave entorse au regard de la liberté d'expression et du droit à l'information.

En somme, Megaupload a profité de cette tribune afin de crédibiliser son service. Non seulement le site affirme suivre scrupuleusement les demandes de retraits formulées par les ayants-droit, mais il se défend d'être associé au piratage, arguant que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à utiliser son système de partage de fichiers. 


vendredi 16 décembre 2011

La Timeline de Facebook

La très attendue Timeline de Facebook est désormais accessible pour les 23 millions de Français inscrits sur le réseau social.

Cette Timeline, que l'on peut assimiler à un journal personnel, est en fait une nouvelle fonctionnalité qui permet de regrouper toutes les infos publiées par l'utilisateur depuis son inscription sur Facebook sous une forme chronologique, afin d'en faire, comme il est écrit sur la page d'inscription, "un nouveau type de profil, plus proche d'une biographie".

L'idée ici est de pouvoir personnaliser son espace en fonction de ce que l'on veut montrer ou cacher à ses amis (photos, mentions "j'aime", nouveaux amis, évènements, liens, etc).

Ainsi l'utilisateur peut paramétrer son profil en adéquation avec ce qu'il veut montrer de lui sur Facebook, ce qui confère une plus grande liberté et un peu plus de place à la créativité.

Pour exploiter au mieux ce nouvel outil, je vous invite à aller faire un tour ici .

jeudi 8 décembre 2011

Le Klout du spectacle



Jeu de mots à part, qu'est-ce que Klout ?

C'est un nouvel outil apparenté  aux réseaux sociaux et qui vous permet de mesurer, via le Klout Score, la puissance et l'influence de votre profil social en fonction de votre activité, votre présence et vos relations sur les différents réseaux sociaux que vous fréquentez. Avec un tel outil, la notion d'e-réputation atteint son paroxysme. Concrètement, la méthode de calcul de cette influence se base, une fois vos réseaux sociaux connectés, sur la prise en compte par Klout de tous vos commentaires, de vos likes, des RT, de vos activités sur Youtube, Flickr, Foursquare, etc. Pourtant, rien n'indique comment ces contributions sont quantifiés. Ainsi, faudrait-il que je like ou commente tout ce qui bouge sur Facebook afin d'être au top ? Le fonctionnement de Klout reste flou et peu fiable et semble se cantonner à mesurer une popularité virtuelle en fonction de la quantité et non pas de la pertinence relative à la qualité.

Je peux voir l'intérêt pour des marques ou un business d'utiliser ce genre d'outils (pour ce qui est des brand influencers). Ce qui me fait réagir, et c'est ce qui explique mon titre, réside dans le fait que de tels dispositifs puissent conduire leurs utilisateurs vers une mise en spectacle de soi accrue- ce qui n'a rien de nouveau - et de flatter leur orgueil et les auto-satisfaire à coup de "je suis au top du networking". Bref, vous l'aurez compris, ça ne vaut pas un Klout...






lundi 5 décembre 2011

Hadopi pt.2 : les sites de streaming en danger

J'évoquais, il y a deux semaines, le discours offensif de Nicolas Sarkozy en faveur de la lutte contre le piratage des oeuvres protégées sur Internet, discours au cours duquel il a affiché le souhait d'étendre ces mesures à l'encontre des sites de streaming vidéo, jugés responsables des "mauvais résultats" enregistrés par les industries de contenus (ou plutôt un manque à gagner pour faire encore de meilleurs chiffres...)

Avec un certain opportunisme, c'est sans plus attendre que trois syndicats du milieu cinématographique et télévisuel  lui ont emboîté le pas et ce sans y aller de main morte puisqu'ils (l'APC, la FNDF et le SEVN) ont déposé une plainte collective auprès du tribunal de grande instance. Leur cible ? L'ensemble des FAI et autres moteurs de recherche présents sur la Toile. Leur motif ? Que les premiers prennent les mesures nécessaires pour bloquer l'accès des quatre sites apparentés à allostreaming (AlloShowTV, AlloShare, AlloMovies) et que les seconds cessent de référencer les sites, afin d'endiguer le nombre de visites et donc de visionnages "illégaux" de films protégés par le copyright. En vertu de quoi ? Les trois plaignants s'appuient sur l'article 336-2 du code de la propriété intellectuelle dans lequel il est prévu que "en présence d'une atteinte à un droit d'auteur ou à un droit voisin (...) le tribunal de grande instance, statuant le cas échéant en la forme des référés, peut ordonner (...) toutes mesures propres à prévenir ou à faire cesser une telle atteinte à un droit d'auteur ou un droit voisin, à l'encontre de toute personne susceptible de contribuer à y remédier".

Bien que la nébuleuse Allostreaming représente un réservoir non négligeable de films détournés en streaming, on imagine mal comment cette action menée contre elle pourrait porter un coup décisif à cette pratique très largement répandue. Les autres plateformes étant très nombreuses, la seule possibilité serait, pour les industries, de demander la mise en place d'un filtrage par Deep Packet Inspection (DPI) qui permet de surveiller les échanges de contenus sur les réseaux, donc en temps réel. Cette méthode, qui n'est pas sans rappeler la censure qui sévit dans certains pays comme la Chine, est pour l'instant interdite par la législation européenne. 

On note également que les ayants droit n'auront pas attendu que l'Hadopi fasse part de son plan anti-streaming annoncé par Sarkozy début 2012 pour passer à l'action...ce qui n'est pas sans provoquer une certaine vague antipathique à leur égard de la part des internautes, qui eux ont depuis longtemps adopté les nouveaux usages associés au web. Un peu radins, les ayants droit ? C'est ce que je me dis quand je regarde les chiffres de l'industrie cinématographique de l'année 2010 (en attendant ceux de cette année) :

En 2010, la fréquentation des salles de cinéma franchit, pour la deuxième année consécutive, le seuil de 200 millions d’entrées à 206,33 millions d’entrées (+2,4%), soit le plus haut niveau depuis 1967. Les recettes des salles augmentent de 5,6 % pour atteindre 1 304,79 M€ et le prix moyen du billet est de 6,32 € (+3,1 %). Les films sortis en 2010 réalisent 90,0 % des entrées de l’année. Parmi les 10 premiers films de l’année, 4 films ont été exploités partiellement en 3D.

Les dépenses des ménages en programmes audiovisuels progressent de 1,8 % à 8 079 M€ en 2010, en raison de la croissance des dépenses de redevance (+3,0 %), de vidéo à la demande (+39,5 %) et de cinéma (+5,6 %), alors que les dépenses d’abonnement (-0,6 %) et de vidéo physique (-0,3 %) sont stables. 






vendredi 2 décembre 2011

Youtube fait peau neuve

Bien que Google s'est approprié Youtube en 2006, aucun lifting majeur du site n'avait été observé en cinq années. Depuis lundi, on peut désormais apprécier la nouvelle interface de Youtube version 2011, avec son lot de fonctionnalités sociales à la clef.

Il s'agit surtout pour Google de déployer ses possibilités de synchronisation avec Google +, bien qu'il soit aussi possible d'associer son compte Facebook avec son profil Youtube. En terme de design, on retrouve donc le style minimaliste cher à Google depuis le lancement de son réseau social, sur lequel Gmail s'est aligné également.

Ce lifting formel et fonctionnel dévoile clairement les ambitions de Google d'accroître ses moyens de combattre son rival historique Facebook. En effet, si Google + annonçait un peu plus de 50 millions de membres à l'automne - ce qui n'est rien à côté des 800 millions que comptent Facebook - le géant de l'information peut se targuer d'avoir, sur Youtube, autant d'utilisateurs uniques par mois que la société de Marc Zuckerberg, qui regardent plus de 3 milliards de vidéos chaque jour. Grâce au nouveau Youtube, Google va pouvoir exploiter ce potentiel pour espérer remporter la guerre de l'information. 

En tout cas, l'outil présente un intérêt certain pour les Community Managers, qui réside au niveau de la synchronisation des comptes associés à Youtube.

mercredi 23 novembre 2011

L'Hadopi est-elle si efficace ?

Dans son discours lors d'un forum sur la culture à l'ère du numérique à Avignon, vendredi dernier, le président de la République est revenu sur l'action et l'efficacité des lois relatives à la mise en place de l'Hadopi (Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet), discours au cours duquel il a également annoncé des mesures de luttes contre la diffusion d'oeuvres protégées en streaming (j'aurais l'occasion d'y revenir ultérieurement).


Nicolas Sarkozy s'est félicité des résultats obtenus depuis la mise en place du dispositif en 2009 (avec la loi Hadopi 2), avançant un recul de 35 % du piratage d'oeuvres protégées à partir des sites peer-to-peer. 


Pourtant, des études sérieuses et surtout antérieures à la mise en place de l'Hadopi ont démontré que le  recul du P2P s'était déjà amorcé dans le courant des années 2000. 



Ainsi, l’International Federation of Phonographic Industry (IFPI) avançait en 2004 le nombre de 800 millions de fichiers disponibles sur les réseaux peer-to-peer [1]. Le logiciel Napster, fer de lance de la première vague du P2P, comptait quant à lui plus de 60 millions d’utilisateurs à travers le monde, en 2001. Le téléchargement (musique, film, jeux vidéo, logiciels, et autres documents audiovisuels) par les réseaux P2P s’est largement banalisé chez les usagers d’Internet pendant presque dix ans.

Parallèlement les ventes n’ont cessé de chuter au cours de ces dix dernières années. Ainsi, selon la Recording Industry Association of America (RIAA), entre 1999 et 2003, les ventes unitaires de disques compacts auraient chuté de plus de 25 %. En France, le phénomène aura pris plus de temps à arriver. En effet,  sur la même période, selon le Syndicat National de l’Edition Phonographique en France (SNEP), les ventes d’albums ont enregistré une baisse de 3 % seulement. En nous basant sur le graphique suivant, on note que le baisse des ventes physiques s’accélère de manière très significative à partir de l’année 2005.


Source : SNEP (2010)

Faut-il accorder cette baisse des ventes à la seule pratique du peer-to-peer ? Les industriels du disque et les sociétés de gestion des droits d’auteurs, en France comme dans le monde, ont désigné les « pirates » du téléchargement en P2P comme les principaux responsables de la crise actuelle du disque.

Pourtant le peer-to-peer serait en déclin depuis 2007 alors que le marché mondial de la musique enregistre année après année des chiffres toujours en baisse par rapport à l’année précédente. Selon une étude menée auprès de 110 fournisseurs d’accès à Internet dans le monde et  publiée par Arbor Networks, et comme l’illustre le graphique suivant, le peer-to-peer fait face à un déclin global.

Parallèlement à cette baisse on note celle du nombre de téléchargements de fichiers audio ou vidéos. En France cette tendance est nettement marquée depuis deux ans. 20 % de la population déclare avoir téléchargé de la musique en 2010 contre 22 % en 2009 et 24 % en 2008. On note surtout une baisse amorcée dès l'année 2008, soit un an avant la mise en place de l'Hadopi (le texte a été adopté le 15 septembre 2009).








Avec ces quelques chiffres, difficile donc de se rendre compte de la réelle efficacité de l'Hadopi avancée par Mr Sarkozy sur les plateformes peer-to-peer.





[1]  BOURREAU Marc, LABARTHE-PIOL Benjamin, « Crise des ventes de disques et téléchargements sur les réseaux peer-to-peer », in Réseaux, n°139, 2006, p. 105-144.

vendredi 18 novembre 2011

ST Holdings dit bye bye à Spotify (hum)


Selon un communiqué de presse, le distributeur de labels indépendants ST Holdings a décidé de se retirer de plusieurs plateformes de partage de musique, dont Spotify.



 La raison ? Ces services, malgré leur puissance de diffusion, cannibalisent la part des revenus sur les ventes digitales. ST Holdings c'est plus de 200 labels mondiaux indépendants distribués dont une grande partie qui fait encore presser des vinyles. Quand on connaît les chiffres de vente du vinyle aujourd'hui, de surcroît chez les indépendants, on prend vite conscience de l'importance de la vente digitale qui permet aux petits labels de survivre. L'autre raison invoqué réside dans le souhait de garder l'intégrité de l'expérience musicale menacée par l'exploitation des morceaux à des revenus faibles voire nuls.

En tout cas, la décision de ST Holdings semble ne souffrir aucune contradiction avec les labels que la société distribue, puisque seulement 4 ont exprimé le souhait de rester sur ces plateformes (càd Spotify, Simfy, Rdio et Napster).









jeudi 17 novembre 2011

On ne s'en lasse pas

Google Music arrive (aux USA)



Jamais rassasié, l'ogre Google se dote d'un nouvel outil afin de concurrencer Apple (iTunes), Amazon ou encore Spotify sur un terrain déjà saturé : les services de musique en ligne.

Google Music, lancé hier aux States où il n'est disponible que là bas pour le moment, permet aux utilisateurs des smartphones et autres tablettes tournant sous Android d'acheter et de stocker des fichiers musicaux. Fort d'un catalogue de plus de 13 millions de titres, la plateforme propose d'acheter des morceaux à un prix unitaire allant de 60 cents à 1, 29 dollars.

Le service est gratuit, et, combiné à Google +, permet aux utilisateurs de partager l'écoute (mais pas le téléchargement) avec leurs contacts.

Plus d'infos ici

mercredi 16 novembre 2011

La création musicale à l'heure d'Internet : appauvrissement ou opportunités ?

Le formidable outil de promotion qu'est le web aura permis à des sites tels que Myspace d'orienter sa stratégie vers les musiciens désireux de se faire connaître et partager leurs créations. Force est de constater que cela a marché, et quand bien même Myspace semble complètement à la rue aujourd'hui, la vague de ces e-musiciens n'a fait que se renforcer depuis ces dernières années, en témoigne le succès de plateformes telles que Soundcloud, ou bien encore Youtube, qui présente le double intérêt d'exploiter le son et la vidéo.

Compte tenu de la relative facilité de se "bâtir" un home-studio chez soi (soit une paire d'enceinte, une bonne carte son, un clavier midi, et un pc avec un logiciel qui tient la route) et d'avoir accès à Internet de nos jours, le nombre de compositeurs en herbe s'est démultiplié. Qui dit plus de monde, dit plus de musique partagée gratuitement, et donc plus de diversités... A l'évidence, la dématérialisation des supports a conduit vers une démocratisation de l'accès à la composition, jugée autrefois onéreuse - car les instruments coûtent chers - et élitiste. Libérée des carcans commerciaux et stylistiques imposés par les éditeurs et les distributeurs, on serait en droit d'attendre de la musique partagée gratuitement qu'elle soit complètement libérée.

Pourtant, j'ai l'impression tenace que ces évolutions, au lieu de favoriser la créativité et la diversité, n'ont fait que renforcer le mimétisme musical et repli sur soi des communautés (des tribus musicales en gros). Rien ne distingue la plupart des morceaux que je suis amené à écouter. Tout cela me semble bien générique et insipide, et ne fait que reproduire le schéma déjà existant dans le domaine de la musique éditée et commercialisée. En fait, il semble que ce qui motive ces nouveaux producteurs ne serait pas tant le fait de se distinguer en proposant quelque chose de différent, mais de se cantonner à reproduire les mêmes sonorités de leurs idoles, en caressant l'espoir d'être un jour remarqué par un label ou une maison de disques.
Ce cas de figure est symptomatique d'un bon nombre de courants actuels de musiques électroniques : dubstep, minimal, progressive house, etc., genres dans lesquels la prise de risque est proche de zéro aujourd'hui, et donc où la reproduction de sonorités identiques est légion, comme si cela rassurait les producteurs de ne pas trop s'écarter du "son" dominant.
Cette banalisation s'explique en grande partie par la présence de presets de synthétiseurs inclus dans les logiciels de MAO (musique assistée par ordinateur). Nul besoin de triturer vos sons avec toute sorte d'effets, vous avez le même type de basse de votre producteur préféré déjà servi (j'exagère un peu mais c'est presque ça) ! Ce qui est d'autant plus regrettable quand on considère les possibilités infinies offertes par les modulations des synthétiseurs numériques. Une guitare, elle, sonnera toujours comme une guitare.

Pourtant il existe toujours cette frange de productions originales et intéressantes, et on voit éclore ça et là des mutations musicales osées mais qui, parfois, fonctionnent. Elles sont justes écrasées par le courant consensuel dominant et n'ont donc peu de visibilité.

Ce vaste champ qu'est la musique à l'heure d'internet semble donc se resserrer autour d'un chemin étroit et borné. Elle n'est en fait que la reproduction du schéma physique du marché mainstream / underground.