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mercredi 18 janvier 2012

[Chronique] Commix - Dusted LP

J'ai décidé de me faire plaisir, et après avoir parlé jeux vidéo hier, je lance une rubrique "musique" avec cette chronique du nouvel album du duo drum'n'bass Commix à venir sur le légendaire label de sieur Goldie, Metalheadz.

Forts de nombreuses sorties remarquables sur des labels tels que Hospital, Creative Source, Subtitles, et donc Metalheadz, Commix revient aux fondamentaux avec Dusted. Il s'agit en fait d'une compilation de morceaux produits entre 2003 et 2008, jamais édités et donc dépoussiérés pour l'occasion, d'où le nom de l'album.

Ici pas de pistes vocales ni de morceaux breakbeats et house comme ce fut le cas dans leur premier opus Call To Mind, acclamé par la critique lors de sa sortie en 2008. On y trouve uniquement de la drum'n'bass à la sauce Commix, avec au menu les longues lignes de basses filtrées, les ambiances aériennes et les rythmiques épurées caractéristiques du duo.

L'album démarre idéalement par le magnifique Audience, avec ses longues nappes qui ne sont pas sans rappeler certains productions de Photek période Modus Operandi, sa basse caverneuse et l'utilisation ingénieuse d'un amen break. Sublime.
La tension retombe directement avec Autumn Rides et son ambiance feutrée inspirée par les productions d'Hidden Agenda sur...Metalheadz. Un morceau sympathique mais pas inoubliable.
On poursuit sur le très bon Envious avec son intro accrocheuse et son break galopant qui mènent à un drop appuyé à base de grosses subs et de reeces bien dark, dans la plus pure tradition Metalheadz.
Time Has Come constitue pour moi le climax de cet album. Si vous êtes fan de Calibre vous adorerez ce morceau, tout en délicatesse. La puissance tranquille. Une approche sensuelle que l'on retrouve sur Change On Me, dans un style un peu plus épuré.
La puiste suivante, Untitled Sept 06, est tout ce qui a de plus classique chez Commix, sans surprise, solide et efficace, tout comme I Have You et Tracking You qui suivent derrière.
EXP01 est une ode à la drum'n'bass des années 90, tendance hardstep, avec un combo break / basse d'une redoutable efficacité. Il s'agit là du morceau qui ressort le plus de l'hétérogénéité de l'album.
Golden me rappelle l'excellent If I Should Fall du même duo (2005). Que dire de plus ?
MSFB est un vrai morceau d'album, plus calibré pour l'écoute domestique que pour les dancefloors. C'est beau, c'est classe.
Everything ferme la marche et accompagne MSFB dans cette détente vers laquelle Commix nous conduit pour conclure cet album.


Commix - Dusted LP by Metalheadz

Que retenir de ce Dusted ?  Il n'est en aucun cas une surprise, ne prend aucun risque et se cantonne à proposer une drum'n'bass très classique mais d'une qualité exceptionnelle, et ça, ça fait plaisir. Le genre d'album à conseiller à ceux qui veulent découvrir ou redécouvrir ce courant musical.  8/10


Sortie le 5 mars prochain en CD/EP/Digital

vendredi 13 janvier 2012

Listen with par Facebook...

..., ou comment écouter la même chanson au même moment avec vos amis sans être avec eux.

La nouvelle fonctionnalité de Facebook se présente sous la forme d'un bouton intégré au chat : 
Comme vous pouvez le constater sur l'image ci-dessus, une nouvelle icône (la note de musique) apparaît à côté de l'indicateur de présence sur le chat (le point vert), et renseigne, si l'on clique sur le nom d'un contact sur lequel apparaît cette icône, ce que celui-ci écoute en temps réel (ici Josh Wiseman) via la fenêtre sur la gauche. Il nous est alors possible, en cliquant sur le bouton "Listen With...", d'écouter ce même morceau. Facebook ne précise pas la liste des services de musique qui seront intégrés, mais Spotify et Rdio seront bien évidemment de la partie. Ainsi, les utilisateurs pourront faire partager leurs listes de lecture via ces sites en streaming, et pourquoi pas s'improviser "dj" à distance.

On pourra également commenter la musique partagée via une fenêtre dans laquelle pourront se joindre tous ceux qui l'écoutent : 



Facebook n'a pas indiqué de date précise de lancement, mais selon le blog officiel, "Listen With" devrait débarquer d'ici les prochaines semaines.

mercredi 16 novembre 2011

La création musicale à l'heure d'Internet : appauvrissement ou opportunités ?

Le formidable outil de promotion qu'est le web aura permis à des sites tels que Myspace d'orienter sa stratégie vers les musiciens désireux de se faire connaître et partager leurs créations. Force est de constater que cela a marché, et quand bien même Myspace semble complètement à la rue aujourd'hui, la vague de ces e-musiciens n'a fait que se renforcer depuis ces dernières années, en témoigne le succès de plateformes telles que Soundcloud, ou bien encore Youtube, qui présente le double intérêt d'exploiter le son et la vidéo.

Compte tenu de la relative facilité de se "bâtir" un home-studio chez soi (soit une paire d'enceinte, une bonne carte son, un clavier midi, et un pc avec un logiciel qui tient la route) et d'avoir accès à Internet de nos jours, le nombre de compositeurs en herbe s'est démultiplié. Qui dit plus de monde, dit plus de musique partagée gratuitement, et donc plus de diversités... A l'évidence, la dématérialisation des supports a conduit vers une démocratisation de l'accès à la composition, jugée autrefois onéreuse - car les instruments coûtent chers - et élitiste. Libérée des carcans commerciaux et stylistiques imposés par les éditeurs et les distributeurs, on serait en droit d'attendre de la musique partagée gratuitement qu'elle soit complètement libérée.

Pourtant, j'ai l'impression tenace que ces évolutions, au lieu de favoriser la créativité et la diversité, n'ont fait que renforcer le mimétisme musical et repli sur soi des communautés (des tribus musicales en gros). Rien ne distingue la plupart des morceaux que je suis amené à écouter. Tout cela me semble bien générique et insipide, et ne fait que reproduire le schéma déjà existant dans le domaine de la musique éditée et commercialisée. En fait, il semble que ce qui motive ces nouveaux producteurs ne serait pas tant le fait de se distinguer en proposant quelque chose de différent, mais de se cantonner à reproduire les mêmes sonorités de leurs idoles, en caressant l'espoir d'être un jour remarqué par un label ou une maison de disques.
Ce cas de figure est symptomatique d'un bon nombre de courants actuels de musiques électroniques : dubstep, minimal, progressive house, etc., genres dans lesquels la prise de risque est proche de zéro aujourd'hui, et donc où la reproduction de sonorités identiques est légion, comme si cela rassurait les producteurs de ne pas trop s'écarter du "son" dominant.
Cette banalisation s'explique en grande partie par la présence de presets de synthétiseurs inclus dans les logiciels de MAO (musique assistée par ordinateur). Nul besoin de triturer vos sons avec toute sorte d'effets, vous avez le même type de basse de votre producteur préféré déjà servi (j'exagère un peu mais c'est presque ça) ! Ce qui est d'autant plus regrettable quand on considère les possibilités infinies offertes par les modulations des synthétiseurs numériques. Une guitare, elle, sonnera toujours comme une guitare.

Pourtant il existe toujours cette frange de productions originales et intéressantes, et on voit éclore ça et là des mutations musicales osées mais qui, parfois, fonctionnent. Elles sont justes écrasées par le courant consensuel dominant et n'ont donc peu de visibilité.

Ce vaste champ qu'est la musique à l'heure d'internet semble donc se resserrer autour d'un chemin étroit et borné. Elle n'est en fait que la reproduction du schéma physique du marché mainstream / underground.